Saturday, October 22, 2005

Autodafé


Heureusement que je ne me suis pas endormie... Je serais asphyxiée ou brûlée, à l’heure qu’il est.

14h, cuisine. Je fais chauffer de l’eau dans la bouilloire, sur une plaque chauffante. Je tourne le bouton de la plaque tout en finissant la vaisselle. Et je tourne le mauvais. Celui de la plaque où sont posés magazines, bouquins et un stylo.
Je retourne dans le salon et m’affale dans mon fauteuil. Après quelques minutes, une forte odeur de brûlé. J’ouvre la porte de la cuisine, une fumée piquante me saisit les poumons. C’est le plastique du stylo…Je ressors prendre un bol d’air et vais en apnée mettre la pile de magazines et de bouquins dans l’évier.
...
De toutes façons, ma journée avait commencé par une migraine ophtalmique.
...

Vous allez me dire, mais que faisait une pile de bouquins et de magazines sur une plaque chauffante? Ben c’est que je fait partie des gens qui ont en permanence besoin de lire quelque chose, et qui lisent souvent en faisant autre chose, l’autre chose en général ne nécessitant pas d’attention particulière. Exemple typique chez moi: Remuer la soupe tout en lisant un magazine. C’est peut être pour ça que je cuisine si mal.

Le bouquin le plus touché a été mon guide touristique sur la Bavière. Un tas de cendres.

Sunday, October 16, 2005

Pirouette-retiré-fini-quatrième.

Je ne sais pas ce qui m’arrive, en ce moment je passe toutes mes pirouettes en dehors, même à gauche. Je crois que j’ai pigé le petit truc. Ne me reste plus qu’à fermer en cinquième, le plus dur.

J’y arrive même avec mes Doc Martens. Dingue, non ?

Si vous n’avez rien compris et que vos connaissances en danse classique sont trop limitées, ce n’est pas grave. Je vous montrerai.

Saturday, October 15, 2005

De l'usage de la désinvolture.

Un foule de jeunes gens, leur dossier de candidature à la main, à la porte d’un recruteur misérable ayant donné rendez vous à 14h à tous les candidats.

Pour écrémer un peu, il lance :
« Je vous préviens, je n’ai pas de CDI à offrir!
-Ben heureusement
, je fais.
Oups.
-Vous, là. Entrez. »

Soyons désinvoltes.

Tin tin tinlinlin tin tintin tiiiiin lin...

(Musique de cirque)

Ta ta talala ta tata taaaaa la
Ta ta talala ta tata taaaaa la
Ti toutou touuuuulou
Ti toutou touuuuulou
Talalalalalalala la la la la,

Tin tin tinlinlin tin tintin tiiiiin lin
Tin tin tinlinlin tin tintin tiiiiin lin
Ti toutou touuuuulou
Ti toutou touuuuulou
Tinlinlinlinlinlinlin lin lin lin lin

Mr. Loyal, un chapeau haut de forme, un cape noire à intérieur rouge, les pieds dans le sable, au centre de l’arène :

« Boooooonjour mes amis ! Bienvenue dans le monde magnifique du rêve et du rire!Que le spectacle commeeeeeeeeeence! Un spectacle plein de surprises, de suspense et de riiiire ! Laissez-vous transporter par les elfes volants, les éléphants magiques, les énooooormes lions rugissants, laissez vous distraire par le clown Zigolo (…)»

Tiens à propos le voilà le clown Zigolo :

« Bonjour L. (…) Alors vous êtes la personne qu’il nous faut pour le poste. C’est pour nous évident, si il nous faut quelqu’un pour la mission, c’est vous. Le souci c’est que nous sommes à la fin de l’année fiscale, que l’état de notre budget n’est pas celui espéré, et que tout processus générant des coûts supplémentaires comme recrutements ou déplacements ont été gelés. Si la situation se décante et que nous pouvons obtenir une dérogation, nous vous proposerons un contrat, sinon, il faudra attendre janvier pour redémarrer »

Mais il est très très drôle, ce clown. Moi en tout cas, il commence à me plaire.


Tin tin tinlinlin tin tintin tiiiiin lin
Tin tin tinlinlin tin tintin tiiiiin lin
(…)

Sunday, October 09, 2005

Toute ressemblance avec une personne ayant existé est parfaitement voulue.

Petit exercice de style autour de l’entretien de recrutement…

Quelles sont vos motivations pour ce poste ?

Scénario a)

- Première priorité : Accomplir une mission en pleine cohérence avec mon projet professionnel.
- 2e : Et bla..

- Nieme : La relocalisation : Pour me rapprocher de ma famille et de mes amis.



Scénario b)

- Première Priorité : Rentrer en France. Je veux me retrouver dans un lieu avec une bibliothèque digne de ce nom. Je veux voir mes amis (BIP mon meilleur ami, et BIP, ma meilleur amie) et ma famille, regarder grandir les petiots, me piquer des fou rires comme avant avec ma maman, apprendre à écrire de e-mails à mon papa.
- 2e : Changer de travail, parce que je commence à un peu tourner en rond ici. (Voir épisode précédent sur la lutte acharnée à obtenir du rose en code couleur pour un nouveau produit. Je dois être un peu désœuvrée quelque part…Non ?)


Décrivez-moi vos méthodes de management de projets ?


Scénario a)

Et Bla, Project plan…blablabla….décision stratégique….. Blablabla… meetings efficaces… blablabla…..Feedback… blablabla….analyse de risque… blablabla….. Management des conflits… blablabla….flux d’information…blablabla.

Scénario b)

Du bon sens. Rien que du bon sens, et de la bonne humeur. Pour moi ça veut dire avoir bien dormi la veille et être bien lunée.

Pourriez vous me citer un ou plusieurs de vos points faibles ?

Scénario a)

Et bla…recherche de perfection...blablabla…rigorisme…blablabla…négligence de ma vie personnelle au profit de ma carrière (ouh ouh ouh !) …et bla

Scénario b)

Je ne suis pas du soir. A 10h je tombe de sommeil. C’est drôlement embêtant pour les soirées.
Quand quelqu’un m’énerve je deviens sourde.

Comment êtes vous dans la vie hors professionnelle ?

Scénario a)

(Haussement d’épaules). Pareil que dans la vie professionnelle. Pourquoi ?

Scénario b)

Haaan, j’ose pas le dire…Bon allez puisque c’est vous. (Chuchotement) J’ai chopé le défaut des allemands : je porte des sandales avec des chaussettes. Mais attention hein, seulement à la maison.


Citez-moi un aspect de la personnalité que vous pourriez retrouver chez vos collègues et qui vous irrite particulièrement ? Comment vous en sortez vous avec ces personnes?

Scénario a)

Et blabla …vous savez chacun a ses défauts……prendre de la distance…blablabla…techniques basiques de PNL…blabla…respect…bla.

Scénario b)

...euh, je ne vois pas trop...Ah si! Les gens qui font de fautes d’orthographe et les gens qui font Slurp en buvant leur café.

Si j’appelle votre supérieur, que me dirait-il de vous ?

Scénario a)

Et blabla…bosseuse…blabla...quelqu’un sur qui on peut compter…blablabla…qui a le goût du travail bien fait…blablabla...le sens de la parole donnée….bla bla blabla…

Scénario b)

Je crois qu’il s’en fout. Il vous raccrocherait au nez en disant « Désolé nous ne sommes pas intéressés pour le moment, si vous voulez vous pouvez nous envoyer une brochure. (ça peut toujours servir pour caler les pieds tables des salles de conférence )»


Quelles sont les qualités que vous attendez chez votre supérieur ?

Scénario a)

Et bla…Compétence… blablablabla…loyauté…bla…sens de la parole donnée…bla bla.


Scénario b)


Ben comme les autres : qu’il ne fasse pas de fautes d’orthographe et qu’il ne fasse pas Slurp en buvant son café.


Que faites vous face à un client qui vous impose des délais ou une mission irréalisable ou que vous trouvez inadaptée? N’oubliez pas que les clients ont un ego gros comme ça.

Scénario a)

Et bla… …emploi d’outils rationnels pour appuyer l’argumentation ….blabla…faire des compromis…blablabla

Scénario b)

Je vais aux toilettes et je réfléchis 5 minutes pour trouver des idées. J’en profite pour trouver un ou une collègue dans le couloir et me plaindre un coup. Et surtout je relativise : il m’arrive aussi d’être complètement irréaliste: Tenez hier dans un magasin de fringues «Excusez-moi…Vous n’auriez pas ma taille ? »

Saturday, October 08, 2005

De l'usage du rose...

Tout a commencé le jour de mon anniversaire. Ma sœur a toujours de bonnes idées en matière de fringues. Je suis plutôt inadaptée dans ce domaine. Quand je m’achète un vêtement neuf, ce dernier doit endurer l’épreuve d’au moins une semaine pendu, en vue, afin qu’on fasse connaissance tous les deux. Après la période d’essai, c’est soit la penderie avec les immettables, soit le pauvre est soumis au rythme infernal : lavage, repassage, et enfin service : l’obligation de cohabiter avec moi toute la journée, avec son lot de taches de sauce, de tiraillements, de cheveux collés dans le dos, de bave de petit neveux et des séance interminables de brosse collante. Ah je n’aimerais pas être à leur place, vraiment.

Je suis tellement difficile en matière vestimentaire que je mets presque toujours la même chose. Au point que mon entourage, pour les occasions, m’offre des vêtements : au dernier mariage, au retour dans la maison familiale, j’entre dans la chambre de notre enfance pour poser ma valise et vois pendue, en vue, un jupe bleue.

« Tu peux te permettre ma chérie » me dit ma maman.

On a fait connaissance, avec la jupe bleue. Mais je crois que nous allons mener des vies des vies séparées, elle avec ses copines, toutes manchoncylindriquoïdes et inutiles. Pas bien loin, les pantalons noirs et le jeans ricanent ou bien se plaignent d’être soumis au rythme infernal décrit plus haut.


Autre exemple, un petit haut rose offert pour mon anniversaire par ma grande sœur, à qui je peux faire la plus grande confiance sur le plan vestimentaire. Quoique je devrais faire attention: ma sœur dans le plus immonde des joggings ressemble encore à une princesse.

Un rose, mes amis.

C’est là que la folie du rose a commencé. Au point que la semaine dernière, le nouveau produit sorti de la ligne de production dont je suis responsable a obtenu le code couleur rose, pantone « Rubine Red C » dans le jargon normatif des couleurs. Le pompon, c’est que je me suis battue pour obtenir la couleur rose sur le packaging, juste pour rigoler. C’est d’autant plus drôle que ce produit n’est pas ce qui est de plus sexy, pour ceux qui connaissent ma profession. Quand je pense que des millions de packagings avec le code couleur « Rubine Red C » vont coloniser les étagères du monde entier parce que j’ai eu une folie de rose.

Le rose est une addiction.

Friday, October 07, 2005

Comment faire….

Comment faiiiiiiiiire?
Verrais-je un jour la fin de ce calvaiiiiiiiiiire?
Vivrons –nous libres enfin et sans mystèèèèèèèèèèère…(…)

Des nouvelles de mon recrutement, après une semaine d’attente interminable.
Coup de fil de l’assistante du recruteur qui me prend un rendez vous téléphonique avec le recruteur. Le recruteur m’appelle pour me dire qu’il va appeler l’entreprise !BIP ! (celle chez qui je postule) lundi et me rappelle donc la semaine prochaine pour me dire la réponse. Et dire que j’ai loupé la danse pour attendre ce coup de fil.

C'est tellement plein de vide toute cette histoire : hier j'en ai été émue. Voyez-moi ça :
"Assistante : Je vous appelle pour vous dire que rappelez-moi s'il vous plaît.
-Assistante : Ah c'est vous, oui je voulais te dire que X voudrait vous appeler. Quand êtes vous joignable?
-Recruteur: Je vous appelle pour vous dire que je vais appeler lundi l'entreprise !BIP!. Je vous rappelle."

Vous savez quoi ? La semaine prochaine, je ne décroche pas le téléphone. Je l’ignore.

Ayant battu le record du recrutement le plus long du monde, je m’attends au moins a recevoir une petite intentionde la part du cabinet de recrutement : Un stylo au nom du cabinet !BIP !, un superbe porte-document marqué du logo !BIP !, ou bien un très utile presse papier !BIP !.

Monday, October 03, 2005

Whiskas ou Sheba?

« Oh là, il ne faut pas confondre les acheteurs de Sheba et les acheteurs de Wiskhas », dit mon voisin de table. D’un coup j’enlève le filtre, sa phrase me fait comme un électrochoc
-Ah oui, et qu’est ce que c’est la différence entre les acheteurs de Sheba et de Whiskas ? fais-je pas encore très sûre de bien avoir saisi cette phrase surréaliste.
-Ben en profil, les Shebas sont souvent des gens seuls : des célibataires ou des personnes âgées. A l’opposé des Whiskas qui sont plutôt des familles, avec enfants tout ça tout ça. Le plus étonnant, c’est que l’achat de Sheba ou de Whiskas n’a rien a voir avec le revenu…Il n’est pas rare qu’un vieille dame se saigne pour acheter du Sheba à son minou… »

Et ça ne loupe pas, la voilà LA question elle arrive :

« Eh toi qui bosses là bas, tu en mangerais, toi ? Et le bon commercial dit :
-Mais bien sûr ! Et c’est pas dégueu en plus. »

Moi je me rappelle avoir goûté les Frolic de mon chien étant gosse, ça ne cassait pas des briques, franchement.

Comme dit un proverbe arabe, « Partage ton gâteau, il diminue. Partage ta maison, elle reste telle qu’elle est. Partage ta joie, elle augmente. » Je suis plutôt heureuse que les industriels comblent nos petits manques affectifs de la sorte. Je suis bien loin de me révolter, il vaut mieux acheter du Sheba que du Prozac, ça coûte moins cher (quoique, je n’en sais rien en fait. En tout cas c’est meilleur pour la santé). On achète un peu d’amour et de joie en boîte, et on la partage avec son chat (avec la condition bien sûr que le dit chat aime le Sheba, sinon c’est la honte). Je trouve quand même dommage que les commerciaux soient obligés de se taper du Sheba voire du Whiskas. Mon voisin de table a une haleine épouvantable.

Saturday, October 01, 2005

Y’a qu’à rêver, cocotte.

Y’a qu’à rêver.

Attention. Rêver ne veut pas dire se monter le bourrichon. A vrai dire la première alternative vaut mieux que la 2e.

Et quand on ne fait aucune des deux, il n’y a plus qu’à sortir dans le monde avec l’espace crânien en légère sous pression, regarder le monde soit rêver soit se monter le bourrichon et ainsi rétablir l’équilibre de pression dans cette cocote minute infernale. Laisser entrer autant d’air là dedans jusque a ce qu’on puisse y faire de l‘avion, lalalalala, lalalalalala. Les connaisseurs eou expert en aérocéphalie reconnaîtront ;-).