Sunday, September 25, 2005

"Une plante qui fleurit n'aime pas etre derangée"

La phrase est d'Alain Barraton, jardinier de France Inter. Quel poete. Je ne comprends pas un mot de ce qui qu'il dit, sauf cette phrase qui soudain me parle, mais quel poete.

Remarque préliminaire : Les !BIP ! sont là parce que c’est joli , et que seulement du texte c’est triste.

Commençons par ce qui me tiens éveillée un dimanche matin de 4 a 7 h du mat’, à tourner en rond dans mon appartement, à lancer des lessives à tout va, (toutes les housses de coussins y sont passées, je ne sais plus quoi laver, si j’avais un chat il y passerait aussi je crois, dans la machine) et à astiquer partout, je sais pas frotter ça me détend, ou plutôt ça m’occupe. Mais c’est mauvais signe. Oui vous avez deviné : j’angoisse.

J’angoisse parce que mardi c’est l’entretien final pour le poste de !BIP!. C’est le 6e entretien pour ce poste, ce qui est selon la boite du a la complexité et a la nouveauté de la structure hiérarchique, blabla. Le poste est crée, suite a l’intégration d’un nouveau protocole de développement de !BIP!, mon (potentiel) chef serait !BIP! (loin), mais je serais basée en France ( à !BIP! où j’ai fait mes études). Eh mais j’ai failli virer dingo avec tous ces entretiens. Tenez vous bien, pour une seule boite :

Mai : J’envoie un cv sur le Net, un dimanche et le mardi, entretien avec le Cabinet de recrutement, pour un poste de !BIP!. Un entretien téléphonique de 45 Min entre midi et 2, au boulot. Désolée je ne peux vous proposer qu’un entretien en français, c’est la seule langue que mes collègues ne comprennent pas (quoique je suis menacée : mon voisin de cube apprend l’italien, ils risque de bientôt comprendre)

Toujours en mai : Re coup de fil : « En voyant votre cv on s’est rendu compte qu’on aurait besoin d’un !BIP ! (autre poste, rien à voir, mais vraiment mieux !). Rendez vous en Juin à !BIP!, chez !BIP!. On vous challenge sur les deux postes ». Ils sont super forts.

Juin : Entretien chez !BIP!. à !BIP!. avec le directeur !BIP! pour le poste de !BIP! (celui que je veux), le responsable de produit !BIP! pour le poste d’!BIP! (celui que je ne veux pas) et le bonhomme du cabinet de recrutement. La j’ai de suite ôté de ma tête le poste de !BIP! (celui que je ne veux pas), d’une part parce que mes souvenir de CAO-DAO remontent a 5 ans, que je me rappelle être particulièrement nulle dans le domaine (certains peuvent confirmer), et que la tête du type ne me revient pas, mais alors pas du tout.

On m’apprend que je suis sur la short list des candidats. La short list se compose de 4 candidats, 3 candidatures externes et une interne. Prochaine étape : Conférence téléphonique à 3 entre US, Allemagne et France, en juillet.

Juillet, donc: Pour les 4 candidats, entretien téléphonique. J’ai horreur de ça, mais d’un autre côté, je peux étaler en toute impunité toute ma préparation devant moi, serrer très fort mon coussin favori, et faire virevolter mon stylo sans me faire traiter d’obsessionnelle compulsive. Ca rassure.

En août, tranquille chez mes parents. J’apprends que nous ne sommes plus que 2 candidats et que la responsable RH US va m’appeler pour un entretien « formel »

Debut août : Entretien « formel » avec la responsable RH US, a 21h, mon premier entretien en Pyjama ! J’étais out of Africa, crevée, ah non le soir c’est pas mon moment.

Et re-belotte : « vous allez être contactée par le responsable RH France, pour un entretien ». Mais bien sûr.

Fin août : Entretien avec le responsable RH France. Corsé, celui la, je suis sortie vi-dée, emmellage de pinceaux et blancs téléphoniques au programme, la cata. Je crois que je suis blasée.

Apres ça, entretien final avec la totale, ce mardi avec que des têtes : !BIP!, !BIP! et !BIP!. . Ce sera le numéro 6. L’entretien se passe à !BIP!. , dans une filiale de !BIP!. . J’y suis allée hier pour mesurer (et passer) le temps et repérer les lieux.

Et voilà où j’en suis.
Tout ça entrecoupé de coups de fils du cabinet de recrutement, qui, pour pas que je refroidisse, me lance régulièrement des questions sur ma motivation, mon parcours etc. Je vous dis, je suis sure que je suis capable de répondre a moitie endormie, en trois langues, à tous les entretiens professionnels que vous voulez.

J’ai encore des trucs à mettre au clair avant l’entretien, mais en gros j’ai hâte que ça soit passe, vraiment, c’est trop long cette histoire.
A chaque fois que je veux faire des plans un peu loin, je me dis « Ca dépend » a cause de ce job. Ca en devient énervant.

Alors j’essaie de me changer les idées. Par exemple, la danse. C’est vraiment le truc qui me fait tenir. Cet été j’ai fait un stage de danse intensif de 1 semaine, vraiment super. J’en suis ressortie gonflée a bloc, du coup j’ai fini une chorégraphie qui traînait depuis des lustres (elle fait 2 min 35, je vous rassure, je n'ai pas tant changé , je me roule toujours autant par terre). Je l’ai montrée à ma prof, qui veut la monter. Du coup j’espère un peu que les choses ne vont pas s’accélérer trop vite pour ce job en France. Accélérer, oui…mais pas trop vite. Hihi ! Je joue aussi à la prof de danse : Je fais des remplacements (occasionnel et non-officiel, hein. Quand ma prof est malade) et enseigne du classique. Ca a beau être un cours de débutants, c’est un de ces stress ! Il faut danser, parler, compter (en allemand en plus), regarder corriger, gérer la musique, tout ça en même temps, c’est pas de la tarte. Ingénieur c’est beaucoup plus facile que prof de danse classique, j’vous le dis.

Autre trompe-ennui : Jouer avec ses cheveux. Je suis allée chez le coiffeur la semaine dernière et me suis fait colorer pour retrouver ma couleur de base (châtain), et juste avec des mèches blondes. Eh ça change drôlement, n’empêche. 2 heures et demi de coiffeur ! CA, ça occupe.

Je projette nonchalamment de me remettre au vélo (rires). Jusqu'à maintenant, mon prétexte pour ne pas m’y mettre était que mes pneus étaient dégonflés et que je n’avais pas de pompe. Hier, dans un accès de violence contre moi même, je me suis acheté une pompe a vélo très moche. Mon prétexte actuel pour ne pas faire de vélo est que je n’ai pas de ciseau assez costaud pour défaire l’emballage. Je travaille vaillamment à mon prochain prétexte parce que je sais que mon *&%*°#%# de voisin a tous les outils qu’il faut (c’est lui mon fournisseur officiel depuis 3 ans)…Si vous avez d’autres idées de prétexte, n’hésitez pas. Quoique, je me débrouille assez bien toute seule en fait.

Et puis aussi, faire des cartons d’invitation et des jolies étiquettes pour l’expo de poterie de ma maman. J’en profite pour faire de la pub, c’est le 22 octobre de 9h30 a 19h30, où vous savez (J’ai pas envie que tout le monde se ramène non plus…). Elle a fait de supers progrès, elle fait des trucs RONDS, maintenant. Je n’ose pas lui dire que j’aimais bien les trucs tordus, le pot qui ne ferme que s’il l’on connaît le secret, la coupe dont le fond bombé est devenue un parfait exemple de mouvement perpétuel, les bols à thé qui ne s’empilent que dans un certain ordre, c’est du passé tout ça. Sniiiirf…

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